On a pogne quelque chose lorsquon nous a dompes dans le New Mardin a 4h00 du matin bien noires. Pendant quon se depechait, charges comme des mules, a parcourir le Lonely Planet a la recherche de lhotel le moins dispendieux, une Megane rouge sest arretee a notre hauteur pour nous demander "Where you going?". Un peu sur nos gardes (il est quand meme 4h00 du mat) on a fait signe a lhomme que tout etait correct. Son insistance sur la distance entre New et Old Mardin ajoutee a notre vision dhorreur face aux 3 kilometres et demi de cotes abruptes qui nous attendaient ont finalement eu raison de nous et on a embarque avec lhomme qui sappelait Borat.
Il nous raconte un peu sa vie dans un anglais casse et on apprend quil est ingenieur de presse. On fait le tour du vieux Mardin, il embarque et debarque quelques personnes a leur travail et il nous amene a un hotel. Le Butik Hotel (a 70 Liras par personne) etant ferme, il nous propose de le suivre apres quon lui ai dit quon attendrait les 2-3 heures precedant louverture de lhotel sur le pas de la porte.
On le suit donc et on entre dans le Mardinsesi, une petite presse appartenant a Borat. Pendant que limpression du journal local se termine, on deguste le dejeuner offert par notre hote dans son bureau. Au menu: Patisseries feuilletees au fromage et jus de peches! Il nous fait lhistorique de Mardin pendant 2 heures multipliant cartes, depliants, sites Internet et brochures. Il faut dire que selon lui, Mardin est la 3ieme ville avec le plus dhistoire au monde. Assomes par la fatigue, on se fait reconduire au Bilem Hotel, le moins cher de la ville avec ses 80 liras par nuit :( Comme par hasard, cetait a 100m de notre point de depart. Puis il nous donne sa carte ; on constate alors quil sappelle en realite Murat... Quelle deception, nous qui croyions avoir rencontre notre premier Borat en terres musulmanes.
On dort pendant un bon 3 heures afin de ne pas manquer la journee qui se leve devant nous. Au lever, apres une bonne douche, on part se promener dans le Old Mardin et on echoue au Cercis Murat Konagi, un restaurant plus quexcellent gere par une feministe progressiste qui contrairement aux autres restaurants, emploie plusieurs femmes. Le meilleur repas quon ait mange en Turquie. De lagneau sur un lit de riz et de couscous assaisonnes a merveille entoure de persil plat, de tomates et damandes. Le service est impeccable et la vue est imprenable. On rencontre meme un Stambouliote qui nous fait visiter une ecole coranique vieille de plusieurs centaines dannees. Cest vraiment une chance davoir une visite privee par un Musulman un peu blase qui nous explique sa vision des hauts et des bas de la religion islamique. A la sortie de lecole, il nous offre gentiement le the et continue de nous jaser et nous raconte meme une legende turque.
On le quitte (il etait on duty, le service militaire de 15 mois est obligatoire chez tous les Turcs) et on entreprend daller au musee. Un jeune enfant (qui netait pas a lecole ?) et qui baragouinait langlais nous informe que le musee est ferme mais nous offre de nous amener a une Kiliesi,(une eglise dont on na pas appris grand chose puisque le bedot etait vraiment un vieux criss et la on pese nos mots). Puis, le jeune Ismail nous a amene dans une maison-genre-de-presbytere-assyrien qui fabrique du vin de messe. Les deux femmes, Linda et sa fille, nous jasent un peu en turc (Ismail se charge dune traduction minimale) et nous offrent le cafe. On le prend volontiers et on se sert de notre phrasebook turc-francais pour entretenir une discussion polie.
Cumulant la chaleur et la fatigue, on remercie Ismail et on passe a lepicerie se faire une petite bouffe... Meme que Cybelle a ENFIN achete un 500 grammes de Nutella turc. Paradis ! On retourne a lhotel, manger notre butin et puis on se couche tres tot pour une bonne nuit de sommeil.
C. et T.